Témoignages de Gestation pour autrui, mère porteuse, GPA

Témoignage de Julien et Nathalie

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Ce couple appelle MAIA à l’aide. Ils ont commencé une procédure GPA en Ukraine, comme d’autres couples coincés la-bas depuis des mois...

Je m'appelle Julien et ma femme Nathalie, nous vous envoyons ce message parce que nous sommes en pleine phase de panique ! Nous sommes en pleine procédure GPA en Ukraine... Ma femme n'ayant pas eu le droit d'envisager une grossesse à cause de sa santé...Après des années d'attente nous avons appris une merveilleuse nouvelle cette semaine, la vie va peut-être enfin nous sourire... Mais c'est encore trop tôt pour y croire vraiment, nous en saurons plus dans quelques jours...


Cependant notre joie est gâchée par les nouvelles peu rassurante d'autres Français que nous avons rencontré sur place et qui sont coincés en Ukraine depuis la naissance de leur(s) enfant(s) parfois depuis plus de 4 mois...

L'ambassade de France tournent nos rêves en cauchemar pour les papiers de retour du bébé ! Pourquoi font-ils ça ? Nous avons croisés des Italiens et des Allemands pour lesquels tout s'est bien passé pour le retour dans leur pays...

Pourquoi cela ne semble pas poser de problème pour revenir avec son enfant depuis d'autres pays pratiquant la GPA ?


Si nous avons enfin ce bonheur, nous avons très peur d'être coincé là-bas pour je ne sais combien de temps ! On risque de perdre notre travail, notre maison, en plus d'être montré du doigt par l'Etat...


Notre famille, nos amis nous encouragent et comprennent notre démarche. Pourquoi les politiques nous mettent la tête sous l'eau ? Pourquoi on a pas le droit d'être heureux aussi. Nous tout ce que nous voulons c'est fondé notre famille et vivre tranquillement... Et nous sommes jugé pas des gens qui ont des enfants, qui n'ont aucune idée de notre détresse et de la douleur que cela représente de ne pas pouvoir en avoir aussi facilement qu'eux...


Je vous en supplie soyez persuasif lors de l'audition auprès des sénateurs... Nous sommes terrifiés de ne pas pouvoir revenir rapidement.

Au moins qu'ils laissent les enfants rentrer dans leur foyer, qu'ils agissent pour que les ambassades nous accompagnent...

La GPA est légale dans plusieurs pays et l'Ukraine en fait partie, on n’est pas des délinquants...

S'il vous plait, aidez-nous !

Merci de toute l'aide que vous pourrez nous apporter.


… après leur avoir répondu une première fois...


Bonjour,

 

merci d'avoir pris le temps de nous répondre. Nous comprenons très bien vos explications, nous comprenons très bien le fait qu'il nous faudrait nous-mêmes sensibiliser les sénateurs, les députés, les maires; mais comment aller expliquer à des politiques que nous avons déjà agit...


La seule envie que nous ayons étant d'être discret, et de ne pas tendre le bâton pour se faire battre.


La seule chose qui nous motive est l'amour. C'est une lourde décision que d'entreprendre les démarches que sont les nôtres, en plus il faut le faire en baissant les yeux... Je vous assure que c'est très difficile...

Notre monde s'est écroulé quand des médecins nous ont dit en quelques minutes dans un bureau, que toute grossesse était interdite à ma femme, qu'il s'agissait d'un risque vital pour elle... Et qu'à part allumer un cierge à Lourdes, il n'y avait pas grand chose à faire... Ca été règler en 5 minutes, on nous a proposé de voir la psychologue, on nous a dit au revoir car d'autres patients attendaient et on nous a souhaité une bonne fin de journée...

 

Vous n'avez pas idée du déchirement que ça a été. Les pleurs la tête basse dans la voiture dans la pénombre du parking pendant des heures.

 

Et puis les semaines passes, et vous entreprenez les démarches pour l'adoption. Et là, c'est le parcours du combattant qui commence... Au-delà des entretiens parfaitement compréhensibles, on vous dit encore une fois que votre projet pourrait très bien ne pas aboutir. Que sous réserve d'obtention de l'agrément, il ne faut pas compter un hypothétique aboutissement avant 5 ou 6 ans... On vous explique que votre agrément si vous l'obtenez sera de toute façon à renouveler au bout des 5 premières années de recherche... On vous dit que vous n'avez aucune chance d'aboutir si vous choisissez l'adoption en France. On vous dit qu'il faut vous tourner vers l'étranger... Et lorsque vous laissez entendre que vous souhaiteriez vous tourner vers l'Ukraine ou la Russie, on vous répond que c'est de plus en plus compliqué parce que de plus en plus ces pays privilégie l'adoption en interne...


Et comme si cela ne suffisait pas encore, on vous dit qu'à 40 ans, vous n'avez guère de chance d'adopter un bébé (parce que c'est ça notre âge : la quarantaine. Il semblerait que pour beaucoup on est vieux à 40 ans), qu'il faut plutôt accepter le fait qu'il s'agirait d'un enfant d'au moins 5 ou 6 ans avec peut-être même des problèmes médicaux... A moins d'accepter des fratries... De plus quel que soit le parcours à l'étranger, on vous dit que cela va être cher !


Alors encore une fois, vous êtes sonné... Vous avez l'impression que tout est chantage...

 

Et puis un jour vous entreprenez le parcours de la GPA... Oui nous nous sommes tournés vers l'Ukraine, mais pas par soucis d'économie, pourtant nous ne sommes pas des nantis, nous ne roulons pas sur l'or, nous avons mis tout notre argent dans ce projet. Simplement parce que l'Ukraine est l'un des pays envers lequel notre choix d'adoption s'est porté, parce que cela n'est pas trop loin de la France et parce que la GPA y est légale.


Au fond quelle est la différence entre l'adoption et la GPA ? En quoi l'abandon d'un enfant est-il glorieux ?

 

Et si je vous ai transmis ce message, c'est justement parce que dans votre appel à sondage, vous dîtes que vous aller rencontrer les sénateurs dans quelques temps... Pour que vous puissiez leur dire que nous voulons juste donner de l'amour aux enfants nés grâce à la GPA... Parce que comme je l'ai dit au début de ce message, nous avons peur des conséquences si nous sommes vus, si notre nom est connu en allant les voir nous-mêmes... Je suis sur qu'on est nombreux à se dire qu'on aimerait pouvoir faire ce que vous demandez...


On voudrait tellement qu'ils facilitent le retour en France des enfants nés de la GPA, et l'inscription sur le livret de famille. Qu'ils comprennent qu'ils s'agit d'amour. L'amour pour un enfant ! C'est trop injuste de reprocher ça quand on peut en avoir soi-même sans être montré du doigt...

Dîtes-leur bien tout ça, quand vous les rencontrerez...

 

Merci d'avoir pris le temps de me lire.

Je me permet de transférer également nos échanges à votre présidente, Laure C., dont vous m'avez gentiment donné les coordonnées.

 

Mais encore une fois merci de tout ce que vous faites, tout ce que vous avez déjà fait et tout ce que vous ferez encore pour répondre à la détresse des gens comme nous. Merci de nous aider.


Ils ont accepté de partager leur témoignage, anonymement...


Bonjour, merci pour ces quelques mots de réconfort.

C'est tellement stressant. C'est important de savoir qu'on essaie de nous aider...

 

Oui, bien sûr vous pouvez utiliser et remettre notre témoignage. Avec grand plaisir. Ce serait un tel bonheur s'il contribuait à faire avancer les choses dans le bon sens...

Si les sénateurs pouvaient ressentir notre douleur et notre détresse, tout s'améliorerait...


Julien et Nathalie

   

Témoignage de Claire

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Madame la sénatrice, Monsieur le sénateur,


Je vous écris cette lettre pour partager avec vous mon désarroi quant à la révision des lois bioéthiques sur la gestation pour autrui (GPA). Pour cela, je me permets de vous raconter mon histoire.


En novembre dernier, je subissais une hystérectomie (ablation de l’utérus) avec conservation des ovaires pour un adénosarcome utérin à l’âge de vingt-neuf ans.

Pour sauver ma vie, j’ai perdu mon utérus et bouleversé l’ensemble des projets parentaux que nous avions construits avec mon conjoint. Cet organe que j’ai tant palpé et tant mesuré chez d’autres femmes, du fait de ma profession de sage-femme, devient alors « le grand absent » de mon corps, de notre couple.


Ce cancer est arrivé dans notre vie au moment même où nous essayions de faire notre premier enfant.


Actuellement, comme vous le savez, la législation française ne nous permettra pas d’avoir notre enfant biologique en France, puisque la GPA y est interdite. Or celle-ci même est légalisée dans d’autres pays (Canada, Etats-Unis) mais impossible d’accès pour certains couples, notamment le mien, pour des raisons financières.

Ne serait-il pas alors envisageable d’autoriser la GPA dans des cas extrêmement particuliers, nécessitant un cadre juridique et médical strict et sous la gouverne évidente d’un comité médical, évitant alors toutes dérives ?


Le jour de l’annonce de mon cancer, j’ai subi une double peine : l’annonce de mon cancer et le deuil de pouvoir, un jour, porter notre enfant et le mettre au monde. Cependant, je n’accepte pas de subir, et de faire subir à mon conjoint, une triple peine qui serait de ne pas avoir un enfant biologique alors que mes ovaires ont heureusement pu être conservés. Ce sentiment de colère et d’injustice serait apaisé par le soutien qu’apporterait la législation de la GPA à nous, femmes « exceptionnelles » puisque n’ayant plus ou pas d’utérus (ou un utérus impropre à la gestation) alors qu’en âge de procréer.


Je vous remercie par avance si vous avez pu prendre le temps de lire cette lettre et vous prie de recevoir, Madame, Monsieur, l’expression de mes sentiments distingués.


Claire”


Merci !!


   

Témoignage de Lucie

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Chère Sénatrice, Cher Sénateur,


Je me permets de vous écrire afin de vous parler de la gestation pour autrui. A mon grand désarroi, celle-ci a été écartée des débats à l’assemblée nationale puis rejetée.


Je tiens à vous faire part de mon expérience personnelle car ce n’est qu’en lisant des histoires vraies que vous pouvez vous faire votre propre opinion.


Quelques mois après mon mariage en 2001, j’étais enceinte à notre grand bonheur. Malheureusement, ma grossesse s’est arrêtée au troisième mois. J’ai dû subir un curetage, qui fût difficile et abîma les parois de mon utérus à tel point que celles-ci se collèrent entre elles, ce qui se nomme une synéchie. J’ai subi quatre opérations pour essayer de re-créer ma cavité utérine. Entre chaque opération, on tentait une fécondation in-vitro. Toutes ces tentatives se sont avérées des échecs. Moralement et physiquement, j’ai beaucoup souffert. A chaque fois l’espoir est présent et la chute est de plus en plus difficile à surmonter. Le professeur m’avoua que plus rien ne pouvait être fait pour sauver mon utérus et prononça la phrase fatidique : « il faut arrêter sinon ce sera de l’acharnement ». A ce moment là, le monde s’arrêta, ma vie s’arrêta.


Par chance, mes ovaires fonctionnent normalement donc il ne nous manquait plus qu’une personne qui accepte de porter notre enfant biologique. Mais un nouvel obstacle se dressait devant nous : la GPA est interdite en France !


Avec l’aide et le soutien de nos familles, nous nous sommes tournés vers le Canada, pays, qui a su nous écouter et répondre à nos attentes. Au bout d’un an et demi, on rencontra la personne qui acceptait de porter notre enfant. Elle avait un métier et un fils. Elle voulait faire une chose bien dans sa vie tout en étant fière d’elle-même. « Des personnes qui ont beaucoup d’amour à donner et qui ne peuvent pas avoir d’enfant, pour des raisons médicales, je trouve ça injuste » dit-elle. Elle a donc porté nos jumeaux. Elle les a choyé et a pris soin d’eux durant neuf mois. 


Nos enfants ont été désirés et aimés avant même d’être conçus. Notre nounou fait dorénavant partis de notre famille, de notre histoire. Elle est comme une sœur pour moi.


Nos jumeaux ont maintenant trois ans. Ils vivent en France mais ne sont pas français. Ils grandissent et acquièrent une mentalité et une façon de vivre française. On ne leur cachera pas leur histoire et leurs origines, ils connaîtrons leur nounou, mais comment pourrons nous leur expliquer pourquoi leur pays, la France, ne veut pas les reconnaître ?


Je vous remercie d’avoir pris le temps de me lire, avec l’espoir de vous avoir sensibilisés suffisamment pour que la légalisation d’une GPA encadrée et la filiation des enfants nés par elle, reviennent dans les prochains débats.


N’oubliez pas la GPA est une magnifique preuve d’humanité. Il est nécessaire d’en parler et de ne pas fermer la porte au débat car beaucoup de familles sont concernées.


Bien cordialement.


Lucie


   

Témoignage de Marc

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Madame, Monsieur,


A travers cette lettre, j’aimerais vous sensibiliser à la gestation pour autrui, sujet peu débattu lors de la révision des lois de bioéthique, en vous faisant part de mon histoire, de notre histoire, de celle de notre fils né il y a quelques mois au Canada…Je vous remercie par avance pour l’attention que vous porterez à ce courrier.


J’ai rencontré Isabelle un soir de Saint Valentin. Après de merveilleux moments passés ensemble, je savais qu’elle serait la mère de mes enfants. Mais voilà qu’un soir où nous discutions de notre avenir, comme pour me protéger d’un parcours qu’elle savait difficile et qu’elle ne voulait pas me faire vivre, elle m’a expliquée qu’elle ne pouvait pas porter d’enfant en raison d’une malformation congénitale appelée « syndrome MRKH ». 


J’ai senti alors toute cette souffrance et en même temps ce courage en elle, j’en ai pleuré…Elle m’expliquait qu’elle le savait depuis l’âge de 17 ans et qu’en France il n’y avait aucune solution, aucun traitement pour cette infertilité. Je trouvais cela tellement injuste. 


Nous avons donc décidé ensemble de nous tourner vers la gestation pour autrui : nous pouvions utiliser nos gamètes respectifs mais quelle personne serait prête à po


rter notre enfant ? Cette femme, Anne, nous l’avons rencontré au Canada. Elle est fiancée, a un enfant et travaille comme assistance sociale. Nous avons passé d’abord des vacances ensemble, avons appris à se connaître…Pour elle, comme pour nous c’était une évidence : Anne, notre « nounou », allait prendre soin de notre enfant pendant 9 mois. Après plusieurs voyages, 2 FIV, notre nounou était enceinte et Isabelle « aussi », elle allait devenir maman…et moi papa.


Pendant toute la grossesse, Anne nous envoyait des photos de son ventre, des échographies, nous nous appelions quasiment tous les jours malgré le décalage horaire…Isabelle a pu assister à l’échographie morphologique et m’annoncer au téléphone en pleurant de joie : « c’est un garçon ! »

Et puis par une nuit enneigée, à des milliers de kilomètres de notre pays, de nos familles, notre fils naissait. Un moment magique et inoubliable…Nous avons passé la nuit ensemble avec notre fils, notre nounou et nous…Anne nous disait que la plus belle chose au monde est de devenir parent et grâce à elle nous l’étions désormais…


C’est en tant que mari et papa que je vous interpelle aujourd’hui. 


Comme mari, je sais ce qu’est la souffrance pour une femme de ne pas pouvoir porter d’enfant. La gestation pour autrui encadrée pourrait permettre à ces femmes de devenir mère. Nous avons eu la chance d’être soutenu par nos familles et avons ainsi pu partir dans un pays qui encadre la GPA. Cependant, d’autres couples français n’ont pas cette chance et ne connaîtront jamais la joie et le bonheur d’être parent parce qu’un pays comme le nôtre refuse de réviser un code civil vieux de plus de 200 ans…Il existe d’autres formes de maternité : Isabelle est maman cela ne fait aucun doute, elle a porté notre enfant dans son cœur et dans ses pensées pendant des années. 


Comme Papa, j’expliquerai à mon fils son histoire dont sa maman et moi sommes si fiers. Notre enfant connaîtra sa nounou, c’est sa marraine de cœur. Je sais déjà qu’il comprendra. Mais comment va-t-il accepter de ne pas figurer sur notre livret de famille ? de ne pas avoir de carte d’identité française alors qu’il parlera français, étudiera en France, sera respectueux des lois françaises ? La réponse est plus difficile à apporter…


Je vous remercie d’avoir pris le temps de me lire et j'espère que ces lignes vous auront sensibilisées à la nécessité d’encadrer la gestation pour autrui dans notre pays, et à l’urgence de reconnaître la filiation de nos enfants nés par GPA dans des pays où cette pratique est légale et encadrée. 



Marc, mari d’Isabelle et jeune papa


   

Témoignage de Marie

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Mesdames et Messieurs,


Quelle vaste mascarade que ce semblant de débat autour des lois bioéthiques....voilà mon sentiment de témoin principal concernant la gestation pour autrui.


Avant le 06 janvier 2006, j'étais une femme comme les autres, comme vos épouses, Messieurs, comme vos filles, Mesdames, vos belles-filles, vos petites-filles, vos nièces : heureuse maman d'une petite fille de 2 ans et tellement heureuse de donner la vie une deuxième fois dans cette salle d'accouchement le 06 janvier 2006....A 23 heures, je suis passée dans une autre catégorie de femmes...une catégorie de femmes que les détracteurs de la GPA n'ont certainement pas connu car sinon, leur opinion sur le sujet serait tout du moins différente ( à moins que la compassion ne leur fasse défaut ). 


Je suis devenue une maman "amputée" et en détresse; en détresse car mon petit garçon est décédé au moment où je le mettais au monde, asphyxié par mon hémorragie interne due à la rupture de mon utérus et amputée à tout jamais de l'organe qui m'était si cher, celui qui me permettait de porter mes enfants.


La France ne m'a donné aucune solution mis à part l'adoption ; mais je vous mets au défi d'adopter un enfant alors que vous en avez déjà un ! Les Etats-Unis m'ont donné la solution; ils ne m'ont pas rejeté ! 


J'ai été entendue dans mon désir d'enfant par le corps médical américain et nous avons rencontré une femme exceptionnelle qui a porté notre petite fille âgée aujourd'hui de 2 ans. Cette femme est une femme à la tête bien remplie, diplômée, avec un travail, 5 enfants; elle a pris sa décision de façon éclairée, sans révolver sur la tempe, ni même pour de sombres raisons pécuniaires car sa position sociale lui permet d'être affranchie de toute contrainte. 


Cette femme a dans le coeur quelque chose de spécial que tout le monde n'a pas...y compris moi ! Car serais-je prête à être mère porteuse, au fond, si j'en avais la possibilité ? peut-être pas mais j'ai trop de compassion pour l'être humain et un état d'esprit trop libertaire pour empêcher les gens de donner du bonheur ou d'en recevoir.


L'intediction légale en France ne m'a pas empêché de partir à l'étranger et elle ne m'empêchera pas de repartir une seconde fois avec cette femme exceptionnelle pour avoir un autre enfant. Nous menons une vie normale avec nos deux filles: une que j'ai portée et une que j'ai portée de tout mon coeur "dans mes pensées". 


Le seul bémol: cette différence d'un point de vue juridique entre les deux; l'une est ma fille, l'autre pas alors même que je suis sa mère biologique puisqu'elle a été conçue avec mes gamètes. Quelle ironie ! La France reconnait la paternité biologique et ne reconnait pas ce caractère biologique à la mère car une loi de 1804 ne reconnait la maternité que par le ventre...effectivement, la fécondation in vitro, moyen médical à la GPA, n'était pas pratiquée du temps de Napoléon et le législateur de l'époque n'a pas eu à s'interroger....


Réveillons-nous ! Quelle grande farce que cette interdiction que les pouvoirs publics savent obsolète et inefficace et quelle aberration de laisser ces enfants, nés de GPA, sans filiation à l'égard de leurs propres parents !


Prenez le temps d'écouter de nouveau les associations: elles seules peuvent témoigner de façon réaliste.

Arrêtons de donner du crédit à certains intellectuels français avides de reconnaissance et surfant sur un sujet porteur pour leur quête tout en étant lucratif...


Cessons d'écouter des lobbys tel que le lobby catholique intégriste qui milite contre l'IVG encore aujourd'hui avec pour fondement un argument "pro-life" ! Mais n'est-ce pas une démarche "pro-life" que de vouloir donner la vie, y compris par une GPA ? Et à ce propos, n'existe-t-il pas une loi de 1905 qui sépare l'Église et l'Etat ?


Marie


   

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