La cour d’appel de Paris vient de rendre un arrêt considérable en établissant la filiation de deux fillettes, nées aux Etats-Unis par Gestation Pour Autrui (GPA), à l’égard de leurs parents (voir Libération du 3 novembre 2007)
Cette décision vient confirmer la décision initiale prononcée en première instance. Mais aujourd’hui, la nouveauté réside dans la prise en compte de l’intérêt de l’enfant pour fonder cette décision. Il n’y a pas si longtemps, la Circulaire portant réforme de la filiation (2005) puis la Mission d’Information sur la Famille (2006) refusaient ces filiations…au nom de l’intérêt de l’enfant (sic !)
C’est un pas important pour les nombreuses familles que nous représentons, pour qui un immense espoir se lève enfin : après un parcours du combattant pour fonder leur famille, ils peuvent aujourd’hui commencer à croire que leur situation juridique va être sécurisée.
Enfin et surtout, c’est –certes à plus long terme- l’espoir raisonnable de voir la GPA enfin légalisée en France, afin de permettre aux couples qui n’auraient pas les moyens de se rendre à l’étranger de fonder leur famille.
Ce résultat consacre presque sept ans de travail acharné pour l’association MAIA et ses bénévoles. Aujourd’hui, même s’il nous reste encore beaucoup de chemin à accomplir, nous ne pouvons que nous réjouir de cette avancée. Je tenais à remercier tous les bénévoles qui ont œuvré au développement de MAIA, pour nous permettre de poursuivre notre minutieux travail d’explication, temps très long mais nécessaire pour faire changer le regard sur la GPA. J’adresse tous spécialement mes remerciements à Laurence Brunet, qui m’a patiemment expliqué les subtilités juridiques (je n’ai pas encore tout compris, mais je progresse) et à tous ceux qui ont apporté leurs compétences, et leurs éclairages : Geneviève Delaisi de Parseval pour ses discussions toujours très enrichissantes, le Docteur Thierry Harvey, le point Zéro de l’association MAIA, pour son amitié sans faille, le Professeur Jean-Bernard Paniel, qui dans l’ombre a participé de manière active au développement de l’association, pour ne citer que les pionniers. Aujourd’hui, bien d’autres nous ont rejoint et nous font profiter de leurs réflexions toujours motivantes : qu’ils en soient remerciés.
Je tenais à remercier aussi les journalistes et les médias qui nous ont régulièrement donné des espaces d’expression, y compris quand le sujet était tabou. Progressivement, nous avons vu leur regard changer, les jugements moraux s’estomper, la compréhension augmenter. Par leur travail, ils nous ont permis d’argumenter, d’étayer, de commencer à convaincre. Mais cela n’aurait pas abouti si de nombreux couples n’avaient accepté de témoigner, malgré la difficulté, la souffrance que cela peut représenter ; certains ont donné beaucoup d’eux-mêmes pour des résultats qui –au début du moins- étaient souvent décevants, voire insultants. Merci à eux.
Mais bien au-delà de la GPA, nous devons continuer notre travail d’explication et d’information concernant l’infertilité, nous devons continuer à briser le tabou. Nous continuerons à soutenir et informer les personnes concernées, quelle que soit la cause de leur infertilité et quelle que soit la solution qu’elles envisagent, afin de ne pas les laisser seules et désemparées.
Nous poursuivons notre chemin !
Laure Camborieux |