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Sterilite et Distilbene

Qu'est-ce que le Distilbène ?

Quelques dates à retenir Le Distilbène aujourd'hui
Les risques liés au Distilbène Risque de complications génitales et obstétricales
Vous pensez être une fille DES ? Comment dépister une exposition au Distilbène
Législation -

UNE NOUVELLE VICTOIRE POUR LES FEMMES « DISTILBENE »

Ce qu'il faut retenir

>> Voir aussi : les actions Maia au niveau de la prise en charge des grossesses DES

 


* Source : Agence Française de Sécurité Sanitaire des Produits de Santé
(Photo : Réseau DES)

Le D.E.S. ou diéthylstilboestrol est une hormone de synthèse commercialisée entre 1950 et 1977 en France sous le nom de Distilbène. Elle a été prescrite aux femmes enceintes pour prévenir les fausses couches, les risques de prématurité et traiter les hémorragies gravidiques de la grossesse.

Dès les années 1960, la nocivité du D.E.S a été suspectée pour les enfants exposés in utero : sa commercialisation s'est arrêtée en 1971 aux USA, mais s'est poursuivie jusqu'en 1977 en France. Les filles, souvent appelées « filles DES » souffrent notamment d'anomalies de l'appareil génital.

Ces jeunes femmes ont alors de grandes difficultés à être enceintes, à mener une grossesse à terme. Certaines sont nées avec de telles malformations qu'elles ne pourront jamais porter un enfant naturellement.


Quelques dates à retenir :

1956
En France le Pr Varangot lors d'un congrès explique pourquoi les arguments justifiant le Distilbène lui paraissent fallacieux : "les avortements sont dus à des causes génétiques et ce n'est pas une hormone qui va changer cela

En France le décret du 20.03.59 interdit la vente de denrées alimentaires pour l'homme provenant d'animaux ayant été traités de quelque manière que ce soit, avec des oestrogènes, etc.

1961-1962
• Scandale de la "Thalidomide" (traitement des insomnies de la grossesse) donnant naissance à des enfants mal formés. Le dogme de barrière placentaire s'effondre.
• Aux USA
La FDA déclare le D.E.S. inefficace pour les grossesses et le Distilbène est utilisé comme contraceptif «la pilule du lendemain».

1967
L'étude de l'embryologiste Gabriel-Robez (1967) :
"Action tératogène du Dipropionate de Diéthylstilboestrol injecté à des doses variables à la souris d9e au 11e jour de la gestation". L'importance des anomalies et leur nombre sont en rapport direct avec les doses utilisées.

1971 :
• Amérique du nord :
• La FDA l'interditaux femmes enceintes.
• Le Distilbène sera interdit la même année au Canada.

En Europe l'interdiction intervient en :
• 1973 en Angleterre
• 1975 aux Pays-Bas
• 1975 en Belgique
• 1976 en Irlande
• 1977 en France

Le Distilbène sera prescrit dans certains pays européens jusqu’au milieu des années 80.

Le Distilbène en France a été prescrit au-delà de 1977 et non seulement sous forme de dragées, mais en suppositoires et en piqûres.


Les risques liés au Distilbène :

Le risque d'atteinte de l'appareil génital après ex-position in utero est fonction essentiellement de la période d'exposition au traitement. La période à risque serait située entre la 6ème et la 17ème semaine d'aménorrhée.

Quels risques chez la fille exposée in-utéro ?

Anomalies morphologiques et fonctionnelles de l'appareil génital, avec par ordre de fréquence :

•  anomalies cervico-vaginales : des anomalies structurales du col et du vagin peuvent être observées. La plus fréquente est l'hypoplasie du col utérin

•  anomalies utérines pouvant provoquer des problèmes de fertilité et des complications obstétricales.

•  Troubles de l'ovulation . Risque d'insuffisance ovarienne précoce

•  Atteintes du col avec anomalies de la glaire cervicale

•  Grossesses extra-utérines plus fréquentes que dans la population générale

•  Fausses couches précoces ou tardives (17-22 semaines d'aménorrhée) plus fréquentes que dans la population générale,

•  Risque d'accouchement prématuré de tout niveau.

•  Adénocarcinome à cellules claires du vagin et du col de l'utérus.

 
Quels risques chez le garçon in-utéro ?

Les atteintes de l'appareil uro-génital (kystes épididymaires, hypotrophie testiculaire, cryptorchidie, d'induration capsulaire) et d'anomalie de position du méat urinaire (hypospadias, épispadias) sont plus fréquentes chez les « garçons D.E.S » que dans la population générale.

Augmentation (controversée) du risque de cancer du testicule chez les garçons dont les mères ont été traitées pendant la grossesse


Vous pensez être une fille DES ?

Pourquoi est-ce important de le savoir ?

Cela peut sauver votre vie, celle de votre futur enfant.

Un suivi médical adapté peut permettre de prévenir les risques de cancer, de grossesse extra utérine, de fausse couche, de prématurité…

Comment le savoir ?

- N'hésitez pas à demander à votre maman si elle a dû prendre pendant sa grossesse un médicament.

- Questionnez votre médecin, certains examens peuvent déceler des anomalies spécifiques au Distilbène.

En France, certains médecins sont spécialisés dans le traitement des conséquences du Distilbène.

Lorsque l'enfant ne vient pas naturellement, le couple peut avoir recours à l' Assistance Médicale à la Procréation (AMP), au don d'ovocytes, à l'adoption.


Le Distilbène® aujourd'hui

Ce qu'on en dit dans l'annuaire des médicaments : http://www.biam2.org/www/Sub978.html#SubDesc

Prescription :

•  CANCER DE LA PROSTATE (principale)

CANCER DU SEIN (secondaire) : Exclusivement cancer du sein métastasé chez des femmes ménopausées depuis plus de 5 ans

Effets sur la descendance:

•  Anomalies du tractus genital

•  Anomalies cervico-vaginales

•  Adenomatose vaginale

•  Anomalies uterines

•  Anomalies tubaires

•  Cryptorchidie

•  Cancer vaginal chez les descendantes

•  Trouble psychique  : vulnérabilité accrue des descendantes aux troubles psychiatriques (dépression, psychose, trouble des conduites alimentaires)


Contre-Indications (les plus importantes)

•  Cancer de l'uterus

•  Cancer du sein chez la femme jeune non ménopausée.

•  Fibrome uterin

•  Endometriose

•  Diabete risque d'aggravation.

•  Hyperlipidemie en raison du risque de majoration de l'hyperlipidémie et du risque accru de maladie cardiovasculaire.

•  Obesite en raison du risque accru de maladie cardiovasculaire.

•  Cardiopathie congénitale ou acquise.

•  GROSSESSE : Risque d'anomalies du tractus génital chez les descendants: Le plus souvent bénignes, elles concernent les deux sexes : - chez la fille, elles sont essentiellement représentées par des malformations macroscopiques du vagin, du col et du corps utérin et des trompes; elles sont responsables d'une augmentation de la fréquence d'avortements spontanés, de grossesses ectopiques et d'accouchements prématurés, - chez le garçon, elles sont essentiellement représentées par des anomalies testiculaires (hypoplasie) et épididymaires (kystes), responsables d'une diminution de la fertilité. Controverse; absence de troubles sexuels ou de la fertilité chez les mâles exposés in utero (sel de diéthylstilbestrol non précisé) Augmentation controversée du risque de cancer du testicule chez les mâles dont les mères ont été traitées pendant la grossesse (sel de diéthylstilbestrol non précisé

•  ALLAITEMENT

Législation

http://ameli.senat.fr/amendements/2003-2004/278/Amdt_97.html

http://www.assemblee-nationale.fr/12/rapports/r1954.asp

En novembre 2004, M . Bernard Perrut, rapporteur pour l'Assemblée nationale, a présenté deux amendements visant à préciser les conditions dans lesquelles les femmes bénéficient, à titre dérogatoire, d'un congé de maternité à compter du premier jour de leur arrêt de travail lorsque leur grossesse pathologique est liée à l'exposition au distilbène .


Cette loi est rédigée ainsi :

Article 12 bis

Par dérogation aux dispositions prévues par les articles L. 122-26 du code du travail et L. 331-3 du code de la sécurité sociale, les femmes dont il est reconnu que la grossesse pathologique est liée à l'exposition in utero au diéthylstilbestrol (DES) bénéficient d'un congé de maternité à compter du premier jour de leur arrêt de travail dans des conditions fixées par décret en Conseil d'Etat.

Adopté par le Sénat malgré les réserves du ministre de la santé, l'article 12bis a ensuite été adopté par la Commission Mixte Paritaire puis par les 2 assemblées .

Tant que le décret n'est pas paru au Journal Officiel, l'article n'est pas applicable

Dans ce cadre MAIA intervient auprès du ministre de la santé , des député et sénateur, pour que ce décret d'application paraisse au plus tôt

Création d'un groupe de travail

Arrêté du 19 juillet 2005 portant création et composition du groupe de travail sur le Distilbène

08/10/05 - Arrêté du 19/07/05 paru au J.O

J.O n° 235 du 8 octobre 2005 page 16076 texte n° 35

http://www.admi.net/jo/20051008/SANP0523417A.html

On en parle

http://martinwinckler.com/article.php3?id_article=357

>> Voir aussi : les actions Maia au niveau de la prise en charge des grossesses DES


Mise au point sur le diéthylstilbestrol (D.E.S.) (Distilbène®, Stilboestrol-Borne®) et le risque de complications génitales et obstétricales

mise à jour : janvier 2003
( AFSSPS)

Le diéthylstilbestrol (D.E.S), oestrogène de synthèse non stéroïdien a été utilisé en France entre 1948 et 1977 chez les femmes enceintes pour prévenir les avortements spontanés et les hémorragies gravidiques. Il a été commercialisé en France à partir de 1948 sous les noms de spécialités Distilbène®, Stilboestrol-Borne®.

C'est aux USA en 1971 que les premiers cas de cancers du vagin chez des jeunes filles qui avaient été exposées in utero au D.E.S. ont attiré l'attention. Un des premiers cas français d'adénocarcinome vaginal chez une jeune fille a été publié en 1975. En France, l'indication " avortements spontanés à répétition " a été supprimée en 1976 et la contre-indication d'utilisation chez la femme enceinte a été ajoutée en 1977.

Depuis, d'autres complications génitales et obstétricales de l'exposition au D.E.S. pendant la grossesse ont été observées chez les enfants exposés in utero et ont fait l'objet d'informations successives, notamment par la diffusion de brochures informatives destinées aux professionnels de santé puis au public.

Ce problème reste d'actualité et ce probablement pour plusieurs années encore. En effet, entre les années 1948 et 1976, environ 200 000 femmes ont été traitées par D.E.S. pendant leur grossesse en France. En tenant compte des avortements et de la mortalité fœtale et néonatale, le nombre d'enfants nés de ces grossesses est estimé à 160 000 (soit 80 000 filles et 80 000 garçons exposés in utero). Le pic de prescription est situé à la fin des années 1960 et au début des années 1970. Les patients exposés in utero ont donc aujourd'hui un âge compris entre 25 ans et 52 ans. Les effets sur la 2ème génération en terme de conséquences obstétricales pourront donc être observés jusque dans les années 2015.

A ce jour il apparaît que seule une partie du corps médical connaît les conséquences de l'exposition in utero au D.E.S. C'est pourquoi l'Agence Française de Sécurité Sanitaire des Produits de Santé (Afssaps) a décidé d'informer les professionnels de santé sur les modalités de dépistage et de prise en charge de ces patients.


Comment dépister une exposition au D.E.S. ?

Dans certains cas l'exposition au D.E.S est connue de la mère et/ou de sa fille :

soit une femme signale avoir été traitée par D.E.S. au cours d'une ou plusieurs de ses grossesses entre 1948 et 1977. Il est nécessaire de l'informer des conséquences possibles pour ses enfants et de lui conseiller de les orienter, en particulier s'il s'agit de filles, vers une consultation spécialisée pour un suivi systématique.

soit une jeune femme, connaissant son exposition in utero au D.E.S. consulte pour un motif gynécologique ou obstétrical. Il est nécessaire de l'informer des risques et de l'orienter vers une consultation spécialisée pour mettre en place un suivi adapté.

Dans d'autres cas l'exposition n'est pas connue :

* Une certitude ou un faisceau d'arguments en faveur d'une exposition in utero pourront être établis sur les éléments suivants :

1) A l'interrogatoire, la notion d'antécédents maternels de fausse couche ou de difficultés obstétricales chez toute patiente née entre les années 1948 et 1977,

2) A l'examen clinique, la découverte d'anomalies du col ou de l'utérus évocatrices d'une exposition,

3) A l'hystérographie, la mise en évidence d'images évocatrices d'une exposition.

De plus, chez toute femme née jusqu'en 1977, une exposition au D.E.S. devra être systématiquement recherchée dans les situations cliniques suivantes :

•  bilan de fertilité,
•  grossesse extra-utérine,
•  avortements à répétition du 1er trimestre ou surtout du 2ème trimestre,
•  accouchement prématuré.

Si une exposition est suspectée la patiente sera dirigée vers une consultation spécialisée.

Quel suivi systématique mettre en place chez une femme exposée au D.E.S in utero ?

Même en l'absence de tout symptôme, une consultation chez un gynécologue est indispensable chaque année et devra comporter :

•  un examen gynécologique à la recherche d'anomalies du vagin et de l'utérus,
•  des frottis du vagin et du col,
•  une colposcopie en fonction des résultats du frottis.

Des pertes de sang inexpliquées entre les règles doivent faire rapidement pratiquer un examen gynécologique pour éliminer une complication du D.E.S.

Conduite à tenir en cas de problèmes de fertilité chez une jeune femme exposée au D.E.S. in utero

En cas de problème de fertilité, le bilan devra comporter un test de Hühner, pour juger de la qualité de la glaire cervicale, une hystérographie pour dépister une anomalie de la cavité utérine et des trompes et une échographie si possible couplée à un doppler pour évaluer les indices de pulsatilité des artères utérines et donc les possibilités d'implantation de l'embryon.

Dans tous les cas, ce bilan est intégré au bilan plus général de la fertilité du couple.

Quel suivi en cas de grossesse chez une jeune femme exposée au D.E.S. in utero ?

Toute grossesse chez une jeune femme exposée in utero au D.E.S. doit être considérée, a priori, comme une grossesse à risque. Cependant, dans une grande proportion de cas, elle se déroule de façon tout à fait normale.

Il est recommandé d'informer ces femmes du risque accru de grossesse extra-utérine, d'avortements précoces et tardifs et d'accouchement prématuré, souvent sans contractions ressenties.

Il convient donc de vérifier la situation intra-utérine de l'œuf et d'effectuer une surveillance bimensuelle du col.

Les mesures préventives précoces : repos, réduction d'activité, arrêt de travail, suivi à domicile par une sage-femme, hospitalisation éventuelle, seront modulées en fonction des antécédents obstétricaux, des anomalies utérines éventuelles, de l'état du col et de son évolution.

En général, un repos précoce est recommandé car le risque de prématurité est du même ordre de grandeur qu'en cas de grossesse gémellaire. Le repos constitue un des éléments essentiels de prévention des fausses couches et de la prématurité.

Un cerclage du col utérin peut être indiqué dans certains cas.


Ce qu'il faut retenir :

Nécessité d'informer les femmes qui peuvent être concernées soit en raison d'un traitement pendant leur grossesse ou d'une exposition in utero au D.E.S.,

Penser à une exposition in utero :
i) à l'interrogatoire chez toute patiente née jusqu'en 1977, dans un contexte de troubles de la fertilité, d'antécédents d'avortements à répétition ou de grossesse extra-utérine,
ii) à l'examen clinique devant des lésions caractéristiques du vagin et/ou du col de l'utérus,
iii) à l'hystérographie devant des images évocatrices à type d'utérus en T ou d'hypoplasie.

Rechercher de façon systématique une exposition au D.E.S. in utero dans les situations cliniques suivantes : bilan de fertilité, grossesse extra-utérine, avortements à répétition du 1er trimestre ou surtout du 2ème trimestre, accouchement prématuré.

Diriger la patiente vers une consultation spécialisée et mettre en place un suivi adapté en cas d'exposition connue ou de suspicion d'exposition.

Considérer a priori la grossesse chez une femme qui a été exposée au D.E.S. in utero comme une grossesse à risque.

 

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