Comment dépister une exposition au D.E.S. ?
Dans certains cas l'exposition au D.E.S est connue de la mère et/ou de sa fille :
soit une femme signale avoir été traitée par D.E.S. au cours d'une ou plusieurs de ses grossesses entre 1948 et 1977. Il est nécessaire de l'informer des conséquences possibles pour ses enfants et de lui conseiller de les orienter, en particulier s'il s'agit de filles, vers une consultation spécialisée pour un suivi systématique.
soit une jeune femme, connaissant son exposition in utero au D.E.S. consulte pour un motif gynécologique ou obstétrical. Il est nécessaire de l'informer des risques et de l'orienter vers une consultation spécialisée pour mettre en place un suivi adapté.
Dans d'autres cas l'exposition n'est pas connue : * Une certitude ou un faisceau d'arguments en faveur d'une exposition in utero pourront être établis sur les éléments suivants :
1) A l'interrogatoire, la notion d'antécédents maternels de fausse couche ou de difficultés obstétricales chez toute patiente née entre les années 1948 et 1977,
2) A l'examen clinique, la découverte d'anomalies du col ou de l'utérus évocatrices d'une exposition,
3) A l'hystérographie, la mise en évidence d'images évocatrices d'une exposition.
De plus, chez toute femme née jusqu'en 1977, une exposition au D.E.S. devra être systématiquement recherchée dans les situations cliniques suivantes :
bilan de fertilité,
grossesse extra-utérine,
avortements à répétition du 1er trimestre ou surtout du 2ème trimestre,
accouchement prématuré.
Si une exposition est suspectée la patiente sera dirigée vers une consultation spécialisée.
Quel suivi systématique mettre en place chez une femme exposée au D.E.S in utero ?
Même en l'absence de tout symptôme, une consultation chez un gynécologue est indispensable chaque année et devra comporter :
un examen gynécologique à la recherche d'anomalies du vagin et de l'utérus,
des frottis du vagin et du col,
une colposcopie en fonction des résultats du frottis.
Des pertes de sang inexpliquées entre les règles doivent faire rapidement pratiquer un examen gynécologique pour éliminer une complication du D.E.S.
Conduite à tenir en cas de problèmes de fertilité chez une jeune femme exposée au D.E.S. in utero
En cas de problème de fertilité, le bilan devra comporter un test de Hühner, pour juger de la qualité de la glaire cervicale, une hystérographie pour dépister une anomalie de la cavité utérine et des trompes et une échographie si possible couplée à un doppler pour évaluer les indices de pulsatilité des artères utérines et donc les possibilités d'implantation de l'embryon.
Dans tous les cas, ce bilan est intégré au bilan plus général de la fertilité du couple.
Quel suivi en cas de grossesse chez une jeune femme exposée au D.E.S. in utero ?
Toute grossesse chez une jeune femme exposée in utero au D.E.S. doit être considérée, a priori, comme une grossesse à risque. Cependant, dans une grande proportion de cas, elle se déroule de façon tout à fait normale.
Il est recommandé d'informer ces femmes du risque accru de grossesse extra-utérine, d'avortements précoces et tardifs et d'accouchement prématuré, souvent sans contractions ressenties.
Il convient donc de vérifier la situation intra-utérine de l'œuf et d'effectuer une surveillance bimensuelle du col.
Les mesures préventives précoces : repos, réduction d'activité, arrêt de travail, suivi à domicile par une sage-femme, hospitalisation éventuelle, seront modulées en fonction des antécédents obstétricaux, des anomalies utérines éventuelles, de l'état du col et de son évolution.
En général, un repos précoce est recommandé car le risque de prématurité est du même ordre de grandeur qu'en cas de grossesse gémellaire. Le repos constitue un des éléments essentiels de prévention des fausses couches et de la prématurité.
Un cerclage du col utérin peut être indiqué dans certains cas.
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