24.04.08

Permalink 17:20:43, par valexie Email , 366 mots, 5 vues   French (FR)
Catégories: Histoires...

Nous n'aurons pas d'enfant

Que reste t-il de notre enfance ?
Beaucoup de joie, un peu de souffrance
La nostalgie des jours qui ont passés
Si vite, dans des bras tendres, bercé.
On grandit avec ses rêves, ses désirs,
Et toute une vie à construire.

On s'est reconnu dans la nuit noire.
Sur que nous deux c'n'était pas pour un soir !
La vie est plus belle quand on est deux,
La famille grandit et rend heureux.
Et puis le verdict tombe sans appel
Un couperet dans notre arc en ciel.

Nous n'aurons pas d'enfant
Voilà !

On s'est serrés fort dans la nuit noire,
Tes sanglots sur ma poitrine buvard,
Ma chérie tu n'est pas responsable
Ne te juges pas non plus coupable.
Dans cette histoire qui accuser ?
Dieu, la vie, non ! pas la fatalité.

Nous n'aurons pas d'enfant
Voilà !

Comme il y a Renaud et Renard
Blanc, noir, il y a Pierrot et Piarre.
Pierrot, compréhensif et coeur tendre
Est prêt à tout pour sa chère et tendre.
Piarre, salaud, égoïste, méchant
Expédie la note aux quatre vents.

Nous n'aurons pas d'enfant
Voilà !

On s'est retrouvé dans la nuit noire,
A dessiner des projets sans espoir.
La médecine à des solutions
Mais aux yeux de la loi c'est la prison
Et l'adoption bonjour la galère
Sans les liens du sang me désespère.

Nous n'aurons pas d'enfant
Voilà !

On s'est enlacé dans la nuit noire
Priant pour qu'il pleuve plein de dollars
Passeport obligatoire Bébé
Comme nos poches sont toutes percées
Résignons-nous à la réalité
Même si nous en sommes révoltés.

Nous n'aurons pas d'enfant
Voilà !

Pierrot a pris le dessus sur Piarre,
Et chassé toutes ses idées noires.
Il pleure le coeur de sa fiancée
Qui ne pourra sentir vivre Bébé
Au creux de son ventre, cocon douillet
Laissant une part de féminité.

Nous n'aurons pas d'enfant
Voilà !

Que restera t-il de notre parcours ?
Des rires, des larmes, puis de l'amour.
Peut-être l'enfant de l'espérance
Dernier cadeau de la Providence.
Il faut croire en ses rêves, désirs
Et toute sa vie, les construire.

Pierrot

Permalink 17:18:27, par valexie Email , 251 mots, 5 vues   French (FR)
Catégories: Histoires...

Nous t'attendons

Je t'attends depuis bientôt dix ans
Année après année, patiemment.
Je t'ai rêvé, pensé, si souvent
Dans mes chimères d'adolescent.
Il m'aura fallu beaucoup de temps
pour préparer ton avènement,
Tout d'abord, rencontrer ta maman
Puis quand ce fût enfin le moment
Le ciel fissura au firmament
La roche céda aux tremblements.
L'apocalypse ? Un ouragan
qui voulait t'emporter au néant
La foudre peut frapper les amants
Mais tout est possible en s'aimant.

Je t'attends depuis bien trop longtemps.
Je t'ai crée virtuellement
En quelques clics, dosés savamment,
D'internet à l'internement
Un faux pas et je sombre dedans.
Un jour tu viendras réellement
Pour le plus grand bonheur de ta maman.
Elle qui se désolait souvent
de passer les Noëls sans enfant
Je te regarderai, insouciant,
Serein, dormir des heures durant
Petit bout de choux, paisiblement.
C'est là toute la joie des parents
Qui franchirent les monts en s'aimant.

Je n'attendrai pas encore dix ans !
Nous deux te désirons tellement
que nous nous battrons contre tous les vents
Contre tous ces gens trop bien pensant
qui nous voient en si mauvais parent.
C'est l'aventure qui nous attend,
Une maman aide ta maman,
Une complicité, un roman
pour le plus beau de tous les présents,
S'écrit à l'encre bleu océan,
Nous entraine généreusement
dans un tourbillon de sentiments.
A nous le bonheur d'être parents,
La vie est si belle en s'aimant.

Pierrot

08.03.08

Permalink 00:15:14, par valexie Email , 158 mots, 34 vues   French (FR)
Catégories: Histoires...

Tous Les Mots Dits ...

Face à ce miroir où je ne me voyais pas
Frappant de désespoir ce ventre tellement de fois
Provoquant tous les Dieux, implorant leurs miracles
Les défiant de leurs cieux quitte à prendre des claques
Tous ces maux, comme je les ai maudits.

Devant ce professeur d'une extrême froideur
M'annonçant les raisons et la seule solution
En retenant mes larmes, laissant tomber les armes
Tous ses mots, comme je les ai maudits.

Le jour où ton ami m'a dit si sûr de lui
"Tu auras un garçon"
Moi j'ai pensé "Pauvre con ! mon corps trop meurtri
ne peut porter la vie ..."
Tous ces mots, comme je les ai maudits.

Et puis ce médecin tenant entre ses mains, tenant entre ses mots
nul espoir pour tous mes lendemains
Ces mots, tous les mots qu'il a dit, tous les mots qu'ont dits les maudits
Je les maudis pour toi, mon fils, qui est là aujourd'hui.

25.02.08

Permalink 19:57:53, par valexie Email , 135 mots, 25 vues   French (FR)
Catégories: Histoires...

Qui Père Gagne ...

A force de vouloir être mère
un jour je me suis noyée
En voulant faire de toi un père
je t'ai perdu à tout jamais
Ce n'était pas la mer à boire
de vouloir jouer à qui perd gagne
Aucun de nous ne pouvait voir
le radeau trop fragile sur lequel on misait
Tu as dérivé seul dans un monde inconnu
J'ai cru devenir folle en ne te voyant plus
Nous avions survécu à de pires tempêtes
et tu me laissais là, seule et obligée dêtre
l'amer unique parent et démuni d'impair.
J'ai échoué à mon tour dans un monde inconnu
Où en était l'amour ? je ne le savais plus
J'ai échoué pour toujours sans toi et sans repère
Mais quand l'un ne veut plus, l'autre, que peut-il faire ?

14.02.08

Permalink 08:36:30, par valexie Email , 1428 mots, 168 vues   French (FR)
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Témoignage d'une grossesse "Distilbène"

Huit mois d'angoisse en goutte à goutte

7 mars 1994 :
- Vous êtes heureuse au moins ? me demandait la voix au téléphone, s'étonnant de mon silence après m'avoir annoncé un résultat positif suite à une FIV. Heureuse ? Je l'aurais été plus de dix ans auparavant si ces grossesses extra-utérine n'étaient pas venues ouvrir devant moi les portes de leur enfer. Soudain, face à cet instant que j'avais tant imaginé, tellement espéré, je me retrouvais pétrifiée de peur, réalisant que l'on avait déposé dans ce ventre si fragile et étroit le plus précieux, le plus inestinable des trésors. Oui, dans ce ventre que les médecins jugeaient encore il y a quelques mois de cela comme trop abimé et sans espoir de grossesse. Nos combats ne s'arrêtaient donc pas dès l'instant où nous étions "enceintes", non ! ce n'était qu'une étape de franchie mais pas une victoire, il ne suffisait pas d'être enceinte pour devenir maman.
L'angoisse dominait désormais les attraits du bonheur.
La première échographie dévoila une grande surprise, ils étaient là, tous les deux, mes amours que je n'osais encore aimer.
Je me sentais terriblement lasse et chaque journée accomplie de travail relevait d'un véritable exploit.
Il faut dire que la quantité de médicaments que je devais absorber par jour n'y était pas étrangère et leur effet de somnolence s'associait au symptôme naturel de fatigue d'un début de grossesse.
Un mois venait de s'écouler depuis le transfert. Mes journées de travail me semblaient de plus en plus difficile à accomplir. Ce matin de mars, ce sont des douleurs insupportables suivies de saignements qui sont venus s'ajouter à mon état de somnolence. Je me suis réfugiées dans les toilettes pour dissimuler au mieux ce que j'étais en train de vivre, ma patronne qui se trouvait au rez-de-chaussée était suffisamment agacée par mon épuisement et ne cessait de me répéter : "la grossesse, ce n'est pas une maladie ! " J'aurais donné n'importe quoi pour que ce soit vrai aussi pour moi.
Lorsque je me suis rendue à la seconde échographie, la surprise n'avait plus la même saveur que la précédente. Ce que j'avais vécu dans ces toilettes confirmait un adieu douloureux, autant physique que moral. Un de mes amours n'avait pas résisté et avait fini par lâcher prise. Il n'est apparu sous mes yeux que sous forme de sang, symbole de blessure, je le garderais à jamais dans un coin de mon coeur, histoire de le faire exister quelque part.
Le médecin était sidéré lorsque je lui ai dit que je travaillais encore, aucun médecin ne m'avait rédigé un arrêt de travail, d'autant plus que de mon côté, cela ne me semblait pas envisageable, ce que je m'empressais de dire au médecin. Sa réponse ne me laissait pourtant pas hésiter une seule minute : "écoutez ! Il reste un embryon, maintenant, c'est votre boulot ou votre bébé !"
Le 24 mars, je remettais donc mon arrêt de travail entre les mains de mes patrons.
Mais pourquoi le temps s'écoulait toujours plus lentement dans des moments ou l'on voudrait qu'il file ?
Pourquoi les minutes traînaient commes des heures alors que chaque jour écoulé transportait vers la vie mon petit être si cher ?
L'angoisse, la lassitude et l'attente étaient mes seules accompagnatrices dans ce parcours étrange.
Les mois suivants me réservaient tous les évènements nécessaires pour alimenter mes craintes : infections, saignements ....
L'ambiance de cette période de ma vie, ralentie et tourmentée, ne ressemblait en rien à ce qu'elle aurait dû être. Où étaient l'épanouissement et la magie qu'on lui attribuait ?
Juin 1994 - Malgré toutes les précautions, mon gynécologue était inquiet de constater que le col de l'utérus s'ouvrait. Il semblait très pessimiste sur les suites de ma grossesse. Je lui proposais de faire un cerclage, cela restait selon moi, la seule solution. Il m'expliquait que cela serait dangereux, l'utérus était trop petit et risquait de se déchirer. Me fixant droit dans les yeux, comme pour me transmettre sa crainte d'un risque de défaite, sans grande conviction, presque à mi-voix, il m'annonçait le plan stratégique de la dernière chance :
- "Il vous faut du repos, beaucoup de repos"
- "Mais docteur, je ne travaille plus, je suis déjà au repos"
- "Non ! je veux dire "couchée", vous ne devez plus vous lever, il faut rester allongé au maximum, du repos, du repos, du repos"
Je restais sans voix, saisissant aussitôt l'importance de cette nouvelle épreuve. Malgré ces médicaments qui m'anesthésiaient un peu plus chaque jour l'esprit, je ne pouvais pas imaginer la possibilité de mener à terme cette précieuse grossesse, seule au fond de mon lit.
Maman me demanda rapidement de venir chez elle, proposition que j'ai bien sûr accepté.
Et ces trois mois que l'on espérait atteindre comme s'il n'y avait plus aucun danger passé ce stade, c'était donc faux ? Mon parcours ressemblait à un terrain miné. Désormais, je n'étais plus qu'une "couveuse humaine", attendant que chaque seconde se transforme en minute se transformant en heures afin de barrer sur le calendrier une journée de plus. Bébé de son côté s'amusait comme un fou, incitant les caresses farouches de mes mains tremblantes. Dame nature pouvait se montrer parfois si cruelle qu'il était hors de question de tomber dans son piège. Maman redoublait d'énergie et malgré ses problèmes cardiaques, elle était bien déterminée à se battre pour me permettre à mon tour d'être maman. En tant que "maman Distilbène", elle avait le sentiment de mener son propre combat, sa revanche. Spectatrice impuissante, je l'ai tantôt vu acharnée, décidée, puis, épuisée, s'effondrant en silence sur son lit, à l'abri de mon regard inquiet, pour calmer les palpitations de son coeur affolé. Le prix à payer ne pouvait pas être celui de sa vie !
- Septembre 1994 - L'échographie avait révélé précédemment l'existence de deux placentas ainsi que la position en siège de bébé. L'utérus était devenu une demeure restreinte, contraignant bébé à rester dans une position qui lui semblait de moins en moins confortable, ses maintes tentatives pour se retourner étaient devenues inutiles.
- Octobre 1994 - Je ne dormais plus, je vomissais beaucoup, mes pieds étaient terriblement gonflés, en fait, je n'en pouvais plus ni physiquement ni moralement.
A 35 SA, bébé était viable, je passais une grande partie de la nuit, assise dans le fauteuil du salon, devant la fenêtre, à chercher les lumières qui dénonçaient d'autres insomniaques. Chaque lumière qui s'éteignait me plongeait progressivement dans une solitude angoissante. Le cordon ombilical était très bas et mon gynécologue m'avait précisé qu'il ne fallait pas perdre une minute dès la perte des eaux car cela pourrait représenter un danger pour l'enfant. Pouvions-nous sentir que nous perdions les eaux dans notre sommeil ? Cette nouvelle appréhension était peut-être la cause inconsciente de mes insomnies ? Cette grossesse peu ordinaire avait atteint son terme. Aller au-delà de 37 semaines ouvrait les portes sur d'autres risques. Mon gynécologue programma la césarienne pour le 26 octobre.
- 26 octobre 1994 - Je ne parvenais pas à réaliser que j'allais enfin devenir maman. Cela me semblait trop beau, je ne pouvais pas atteindre ce bonheur. Qu'allait-il se passer ? Et si c'était ici, dans ce bloc opératoire que dame nature m'attendait ? Nous n'allions que nous croiser, j'allais mourir, ce n'était plus possible autrement. Et pourtant .....
Tu es arrivé à 9 heures 20 minutes, mon FILS, tu pesais 3 kg 440, tu étais si diffèrent de l'enfant que j'aurais pu imaginer, tellement plus beau, avec tes grands yeux bleus marine, tes cheveux blonds et tes lèvres framboises.
Tu étais donc parvenu à t'accrocher mon HEROS, dans ce combat sans pitié qui fait de toi mon MIRACLE.
Quelques jours plus tard, maman m'enlaçait très fort en me disant : "Ce que nous venons de vivre, jamais nous ne pourrons le raconter, on ne nous croirait pas". Aujourd'hui, je me rends compte qu'aucun mot n'est assez puissant pour définir cette pénible aventure. Oui maman, en racontant ce que nous avons vécu, je sais que l'on nous croira, seulement, les proportions de la souffrance qui nous déchire au plus profond de nous dans ces moments là, ça, cela ne s'explique pas.

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Temps Damné d'Enfertilité

On associe l'infertilité au don de gamètes, la fécondation in vitro, l'adoption, la gestation pour autrui, le Distilbène .... Au delà de ces mots, elle est avant tout synonyme de souffrance. Son apparence extérieure se veut supportable alors que l'intérieur s'effondre et représente tant de temps, d'années damnées et d'enfertilité. C'est sous cette forme que MAIA souhaite la combattre.

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