Témoignage de Claire

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Madame la sénatrice, Monsieur le sénateur,


Je vous écris cette lettre pour partager avec vous mon désarroi quant à la révision des lois bioéthiques sur la gestation pour autrui (GPA). Pour cela, je me permets de vous raconter mon histoire.


En novembre dernier, je subissais une hystérectomie (ablation de l’utérus) avec conservation des ovaires pour un adénosarcome utérin à l’âge de vingt-neuf ans.

Pour sauver ma vie, j’ai perdu mon utérus et bouleversé l’ensemble des projets parentaux que nous avions construits avec mon conjoint. Cet organe que j’ai tant palpé et tant mesuré chez d’autres femmes, du fait de ma profession de sage-femme, devient alors « le grand absent » de mon corps, de notre couple.


Ce cancer est arrivé dans notre vie au moment même où nous essayions de faire notre premier enfant.


Actuellement, comme vous le savez, la législation française ne nous permettra pas d’avoir notre enfant biologique en France, puisque la GPA y est interdite. Or celle-ci même est légalisée dans d’autres pays (Canada, Etats-Unis) mais impossible d’accès pour certains couples, notamment le mien, pour des raisons financières.

Ne serait-il pas alors envisageable d’autoriser la GPA dans des cas extrêmement particuliers, nécessitant un cadre juridique et médical strict et sous la gouverne évidente d’un comité médical, évitant alors toutes dérives ?


Le jour de l’annonce de mon cancer, j’ai subi une double peine : l’annonce de mon cancer et le deuil de pouvoir, un jour, porter notre enfant et le mettre au monde. Cependant, je n’accepte pas de subir, et de faire subir à mon conjoint, une triple peine qui serait de ne pas avoir un enfant biologique alors que mes ovaires ont heureusement pu être conservés. Ce sentiment de colère et d’injustice serait apaisé par le soutien qu’apporterait la législation de la GPA à nous, femmes « exceptionnelles » puisque n’ayant plus ou pas d’utérus (ou un utérus impropre à la gestation) alors qu’en âge de procréer.


Je vous remercie par avance si vous avez pu prendre le temps de lire cette lettre et vous prie de recevoir, Madame, Monsieur, l’expression de mes sentiments distingués.


Claire”


Merci !!


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