Témoignage de Marie

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Mesdames et Messieurs,


Quelle vaste mascarade que ce semblant de débat autour des lois bioéthiques....voilà mon sentiment de témoin principal concernant la gestation pour autrui.


Avant le 06 janvier 2006, j'étais une femme comme les autres, comme vos épouses, Messieurs, comme vos filles, Mesdames, vos belles-filles, vos petites-filles, vos nièces : heureuse maman d'une petite fille de 2 ans et tellement heureuse de donner la vie une deuxième fois dans cette salle d'accouchement le 06 janvier 2006....A 23 heures, je suis passée dans une autre catégorie de femmes...une catégorie de femmes que les détracteurs de la GPA n'ont certainement pas connu car sinon, leur opinion sur le sujet serait tout du moins différente ( à moins que la compassion ne leur fasse défaut ). 


Je suis devenue une maman "amputée" et en détresse; en détresse car mon petit garçon est décédé au moment où je le mettais au monde, asphyxié par mon hémorragie interne due à la rupture de mon utérus et amputée à tout jamais de l'organe qui m'était si cher, celui qui me permettait de porter mes enfants.


La France ne m'a donné aucune solution mis à part l'adoption ; mais je vous mets au défi d'adopter un enfant alors que vous en avez déjà un ! Les Etats-Unis m'ont donné la solution; ils ne m'ont pas rejeté ! 


J'ai été entendue dans mon désir d'enfant par le corps médical américain et nous avons rencontré une femme exceptionnelle qui a porté notre petite fille âgée aujourd'hui de 2 ans. Cette femme est une femme à la tête bien remplie, diplômée, avec un travail, 5 enfants; elle a pris sa décision de façon éclairée, sans révolver sur la tempe, ni même pour de sombres raisons pécuniaires car sa position sociale lui permet d'être affranchie de toute contrainte. 


Cette femme a dans le coeur quelque chose de spécial que tout le monde n'a pas...y compris moi ! Car serais-je prête à être mère porteuse, au fond, si j'en avais la possibilité ? peut-être pas mais j'ai trop de compassion pour l'être humain et un état d'esprit trop libertaire pour empêcher les gens de donner du bonheur ou d'en recevoir.


L'intediction légale en France ne m'a pas empêché de partir à l'étranger et elle ne m'empêchera pas de repartir une seconde fois avec cette femme exceptionnelle pour avoir un autre enfant. Nous menons une vie normale avec nos deux filles: une que j'ai portée et une que j'ai portée de tout mon coeur "dans mes pensées". 


Le seul bémol: cette différence d'un point de vue juridique entre les deux; l'une est ma fille, l'autre pas alors même que je suis sa mère biologique puisqu'elle a été conçue avec mes gamètes. Quelle ironie ! La France reconnait la paternité biologique et ne reconnait pas ce caractère biologique à la mère car une loi de 1804 ne reconnait la maternité que par le ventre...effectivement, la fécondation in vitro, moyen médical à la GPA, n'était pas pratiquée du temps de Napoléon et le législateur de l'époque n'a pas eu à s'interroger....


Réveillons-nous ! Quelle grande farce que cette interdiction que les pouvoirs publics savent obsolète et inefficace et quelle aberration de laisser ces enfants, nés de GPA, sans filiation à l'égard de leurs propres parents !


Prenez le temps d'écouter de nouveau les associations: elles seules peuvent témoigner de façon réaliste.

Arrêtons de donner du crédit à certains intellectuels français avides de reconnaissance et surfant sur un sujet porteur pour leur quête tout en étant lucratif...


Cessons d'écouter des lobbys tel que le lobby catholique intégriste qui milite contre l'IVG encore aujourd'hui avec pour fondement un argument "pro-life" ! Mais n'est-ce pas une démarche "pro-life" que de vouloir donner la vie, y compris par une GPA ? Et à ce propos, n'existe-t-il pas une loi de 1905 qui sépare l'Église et l'Etat ?


Marie


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