Mise à jour le Jeudi, 21 Mai 2009 21:21 Jeudi, 05 Mars 2009 17:12
Je ne m'étendrai pas non plus sur la froideur d'un urologue. J'ai tout de suite bien entendu informé ma compagne qui elle est restée scotchée par l'information. Il lui a fallu un an pour digérer l'information. Moi de mon côté, pendant cette fameuse année, j'ai eu la chance de tomber sur quelques personnes formidable et qui m'ont permis d'y croire encore et qui sans le savoir m'ont évité de chavirer.
J'ai subi une intervention chirurgicale pour me donner tous les moyens de réussir. 5 paillettes à l'époque avaient pu être congelées.
Pendant toutes les ICSI, je me sentais bien impuissant face au traitement que je faisais subir à ma compagne et qui a eu le courage pendant 6 ans d'avoir X ponctions. Sentiment étrange où à la fois le couple se sent soudé et sensation première que tous les réflexes amoureux se pulvérisent petit à petit.
Je me souviens d'une avant dernière fois où ma compagne a eu le bonheur de tomber enceinte. Je me souviens aussi qu'un mois après et demi après, la fausse couche se produisait. Je dois bien vous avouer madame que ce jour là, plus rien n'était comme avant.
Alors, la dynamique nous animait encore et nous avions décidés de nous lancer parallèlement dans l'adoption d'un nouveau né. Je dois bien vous avouer que toutes les questions des assistantes sociales afin de mesurer nos motivations m'ont perturbé. J'ai visité un orphelinat avec pleins de petits enfants demandant de l'AMOUR. Je dois bien vous avouer là encore que j'ai trouvé l'attitude de l'administration terrifiante : il fallait attendre là encore, certes son tour en commission mais attendre. Psychologiquement cette démarche de l'adoption nous avait remis cette dynamique qui doit continuer dans tout ce parcours faits d'ICSI, la clé pour survivre pour un couple.
A la sixième année et dernière tentative vouée à l'échec, nous avons pris la décision d'avoir recours à un donneur et donc le CECOS. Je dois bien admettre que la rencontre avec le psychologue fut surréaliste, seul moment humoristique de ce parcours. Il nous avait donné de l'espoir : Il n'y avait que 6 mois d'attente. J'attends toujours son coup de fil. Sans le savoir ce médecin nous avait coulés.
Dans ma nature un peu volontaire et acharnée, et sentant que ma compagne désirait absolument une grossesse, nous sommes partis sur Bruxelles. J'avoue avec du recul avoir donné l'impulsion à ma compagne pour continuer d'avancer malgré toutes ces portes fermées.
Je me souviendrai toujours de ce trajet aller : Moi étrangement serein (j'avais l'impression que j'étais enfin utile et que j'allais enfin lui apporter ce qu'elle désirait) et Elle paniquée. Je me souviendrai de cet endroit ne ressemblant à rien. De ce médecin regardant ma femme et lui disant qu'il avait choisi un bel étalon. Ses phrases raisonnent encore moi.
Le retour fut terrible pour moi, pour ma Femme le moment précis de cette insémination (qu'elle avouera avoir sur le coup senti un viol) fut terminé et étrangement je la sentais déjà prendre soin de son ventre. Elle était prête Quand je repense à la visualisation de ces spermatozoïdes partant des 2 côtés rapidement, je ne savais qu'ils s'appelleraient un jour Alexis et Mathis. Il était bien entendu hors de question de connaître le donneur.
L'attente du test de grossesse me fut insupportable car je savais que cela marcherait du premier coup. Ce fut le cas. J'étais poignardé car avec moi cela avait duré 6 ans avec une fausse couche et avec un inconnu, le temps légal. La grossesse fut pour moi un calvaire, impossible de poser ma main sur ce ventre s'arrondissant.
Je ne devais souffrir que 8 mois et une semaine, durée d'une grossesse gémellaire. J'avais gagné 3 semaines !
Et puis tout au long de cette grossesse je me disais que j'aurai envie d'avoir quelques informations sur ce donneur, peur de la malformation, de la couleur de peau, bref tout y est passé. Il faut bien se rendre compte que les patients à ce moment là font confiance à 150% à un médecin. Sans information, il n'y a guère de domaine d'activité proposant ce schéma. J'aurais tant aimé avoir un « coach » à ce moment me permettant de surmonter cette grossesse tant désirée et qui me fait si peur.
Ce midi là le jour de la césarienne, je me souviens avoir cette personne au téléphone pour qu'elle me rassure. Je ne savais que je serai à ses côtés dans le cadre de l'association.
Déjà, je me demandais ce qu'allais leur dire plus tard à ces petits bouts ? J'aurais tant aimé avoir une notice, un book des bonnes pratiques et des pièges à éviter.
Ils ont 28 mois et je dois bien avouer que depuis le 20 octobre 2006 [date de la réunion avec l'association PMA, NDLR] je vais mieux. Le sujet de la levée de l'anonymat tant traité dans la presse actuellement n'est qu'une partie visible de l'iceberg ( enfant né sous X et autres sujets). Tout cela a un point commun : La solitude, la souffrance, le désir d'avancé, la froideur de certains médecins mais aussi l'écoute et une regard parfois bien reposant pour certains.
Je suis convaincu que les choses avanceront mais je ne connais qu'une méthode performante : Que tout le monde se mette autour d'une table et que certains arrêtent de parler à notre place (parents, enfants nés sous IAD) .Ces sujets sont trop pointus pour que certaines décisions se prennent sans nous.
Des Estelle, des Arthur je veux les aider car j'ai visualisé cette angoisse, cette détresse sur leur visage. Cela les aiderait tant à se reconstruire.
Je veux aider aussi tous ces parents laissés parfois dans un dédale médical sans écoute. Je veux aussi aider tous ces papas comme moi qui n'osent peut-être pas parlé à voix haute. Ne pas avoir d'enfants naturellement sort bien entendu des codes sociaux, la société est ainsi faite. Mais tout peut évoluer.
Voilà, j'espère avoir été clair et suis à votre disposition.



